Identité

Une biennale sans exposition

La Biennale de Paris est la première biennale au monde à avoir stoppé l’usage des expositions et plus généralement de la monstration d'oeuvres d’art pour promouvoir ou présenter le travail des artistes avec qui elle collabore.

Lorsqu'il n'y a plus d'oeuvres d'art il n'y a plus d'exposition. La Biennale de Paris rompt avec l'idée convenue qui fait de l'exposition, l'unique interface entre le travail de l'artiste et ses publics. L'exposition devient alors un mode de présentation de l'art parmi bien d'autres.

Les pratiques que la biennale met en avant induisent leur propres modalités d'existence qui ne passent pas forcément par l'exposition. Ainsi, chaque artiste détermine le mode d'être et de présentation de son projet.

Son statut institutionnel ne se concentre plus sur la promotion de valeurs esthétiques, mais sur l’expérimentation de nouvelles interactions visant à faire émerger d’autres finalités dans l’art que sa pratique unique.

Une institution horizontale

La Biennale de Paris s’érige à l’horizontale. Y participer, c’est devenir partenaire et à ce titre bénéficier d'un pouvoir de décision qui agit sur la structure et l’état d’esprit de la biennale.

En ce sens les artistes ou groupes participants s'inscrivent potentiellement dans l'organigramme de la biennale. Ils sont décisionnaires des conditions de présentation de leur travail par la biennale.

En devenant malléable, la Biennale de Paris s’offre comme un cadre d’expérimentation plus large que celui d’un canal de diffusion et de légitimation des pratiques artistiques.

Par cette horizontalité d'approche la biennale est en même temps une organisation apprenante.

Une institution critique

La dimension intelligente et questionnante de l'art est essentielle à son existence même. L'art ne peut aucunement être envisagé comme un domaine du consensus.

L'artiste a perdu depuis de nombreuses années toute capacité critique dans un système de l'art régi par des centres pouvoir et de légitimation sur lesquels il n'a plus aucune influence. Quelque soient les qualités de son travail, l'artiste reste impuissant dans cet assemblage de pouvoirs constitutifs de l'art et dans lequel il fait souvent office de sous-traitant. Pour dire les choses autrement, contrairement au passé la voix d'un artiste ne porte plus aujourd'hui.

Seul, le regroupement d'initiatives libres et légitimes par défaut de la part des artistes permet des réponses optimales dans l'hypersystème de l'art. A partir de ce constat, la Biennale de Paris opère un changement d'échelle et passe d'une critique individuelle à une critique systémique. Elle constitue une masse critique composée de centaines d’initiatives, qui sans elle seraient disparues, isolées ou sans impact.

Ce mode d'organisation que la biennale adopte, est une mise en synergie de singularités assurant l’émergence d’une critique augmentée.

En conjuguant des pratiques qui échappent à toute catégorie, en accueillant des initiatives affranchies des normes qui régissent l'art, la Biennale de Paris se constitue comme une institution critique.

Des publics libres

C'est la nature d'une pratique artistique qui détermine son rapport à l'extérieur, sa réception et son public. Les pratiques présentées par la Biennale de Paris étant d'une autre nature que l'art de nature visuelle, des œuvres d'art censées être mises en vue des spectateurs, appellent logiquement d'autres publics.

Il s'agit de publics qui, volontairement ou par hasard, interfèrent avec des activités qui ne sont pas toujours perçues comme artistiques et dont il est parfois un élément déterminant. Libérés de la contrainte de la pratique unique matérialisée en œuvre, les publics de la biennale sont très hétérogènes.

Une des particularités de la Biennale de Paris c'est qu'elle ne mesure pas le succès des activités qu'elle organise en nombre d'entrées. Ces publics étant diffus il est très difficile de le saisir et de le ranger dans des statistiques quantitatives.

Par le genre d'art qu'elle favorise la Biennale de Paris cherche à réinventer le rapport que l'art entretien avec le public.

Libéré de l'encadrement et de l'assistance que les manifestations d'art proposent généralement aux publics, la Biennale de Paris cherche justement à les impliquer en tant qu'êtres vivants dotés d'intelligence et non pas comme des consommateurs passifs.

Une biennale en lieux et en temps réels

Les participants fixent eux-mêmes les dates, les lieux et les modalité de présentation de leur travail, à part les actions et les projets que la biennale mène elle même en son nom.

C'est la Biennale de Paris qui se déplace là où les artistes et les pratiques artistiques qu’elle repère se déploient lorsqu'elle en a la possibilité et si le travail des artistes dépend du contexte qui l'a vu naître. Ces projets sont effectivement parfois dépendants du contexte social, politique, économique, temporel, spatial de leur émergence. Les extraire n'a aucun sens et cela revient à les dénaturer. Pour cette raison la Biennale de Paris peut se dérouler là où ça se passe et parfois elle se délocalise dans différents pays du monde entier.

Afin de rester en permanence réceptive, la Biennale de Paris se déroule en temps réel et chaque édition commence à la fin de la précédente. Elle s’envisage dans le temps et les pratiques associées évoluent au cours de ses éditions successives. Comme toute biennale, elle a bien lieu une fois tous les deux ans, mais la durée d'une édition de la Biennale de Paris est de deux ans. Une édition englobe les activités, les projets et la dynamique qui se déroulent pendant ces deux ans.

La biennale recherche une réciprocité avec les projets qui la fondent, le but étant d’interroger et de modifier les contextes sociaux, économiques, politiques et idéologiques.

Cette existence en lieux et temps réels a bien une logique organique et elle vient des artistes et des pratiques auxquelles la biennale s'adapte.

Une stratégie de l'eau

La Biennale de Paris adopte la stratégie de l'eau qui en résumé signifie « composer avec ».

L'eau peut devenir solide, liquide, vapeur et changer de forme tout en conservant sa composition, son identité. Adopter la stratégie de l'eau c'est composer avec l'environnement. C'est la situation qui conduit d'elle même au résultat.

Cette stratégie est nécessaire pour négocier avec différentes situations et contextes, mais aussi pour faire valoir un art qui échappe à toute classification.

La biennale s'affranchi des modèles institutionnels établis et décloisonne. Elle peut travailler avec toute personne et institution en toute intelligence quelque soient leur positionnements. Ce qui compte pour elle ça n'est pas un lieu ou une thématique mais la manière de les aborder.

Ses trois axes stratégiques :

Chercher ailleurs c'est agir à des endroits insoupçonnés, inattendus voire inadmissibles pour le secteur de l'art, c'est suivre des nouvelles directions, c'est adopter une attitude asymétrique.

Derrière un art qui occupe le devant de la scène, la Biennale de Paris opère discrètement mais efficacement.

*Je suis d'accord pour recevoir des courriels de la Biennale de Paris. Et pourrait me désinscrire à tout moment.

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de Paris

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